La survalorisation de l’IA en 2025
Une comparaison éclairante grâce aux tendances Google avec le Bitcoin (2017) et l’immobilier (2005)
Un graphique récemment publié compare l’euphorie actuelle autour de l’intelligence artificielle en 2025 avec deux bulles financières célèbres :
-
la bulle du Bitcoin en 2017,
-
la bulle immobilière en 2005.
Ce visuel repose sur les tendances de recherche Google, et un détail attire particulièrement l’attention : les dates de ces pics d’intérêt.
-
Août 2005 : correspond exactement au début du retournement du marché immobilier.
-
Décembre 2017 : le mois où le Bitcoin a atteint son sommet avant de chuter de 80 %.
Aujourd’hui, l’intérêt pour l’IA dépasse déjà ces deux épisodes historiques, ce qui soulève des inquiétudes grandissantes.
Explosion des dépenses dans les data centers
Les dépenses de construction de data centers devraient dépasser celles des bureaux, une tendance qui s’accélère depuis le lancement de ChatGPT.
Les investisseurs se ruent sur l’infrastructure nécessaire à l’explosion de la demande en IA.
Mais les data centers ne représentent qu’une petite partie de l’écosystème IA :
-
semi-conducteurs,
-
robots Tesla,
-
modèles de langage,
-
contrats militaires IA,
-
services cloud,
-
logiciels spécialisés…
Toute une frénésie de sous-industries, dont certaines sont aujourd’hui excessivement risquées.
Pourquoi la prudence s’impose désormais
Malgré ces bons résultats, l’équipe adopte une approche plus prudente pour le quatrième trimestre.
Le secteur IA se divise en trois grandes catégories :
1. L’infrastructure IA
Semi-conducteurs (Nvidia, AMD), data centers (Oracle).
→ Les vendeurs de “pelles et pioches” de la ruée vers l’or.
2. L’implémentation IA
Palantir, Tesla, mais aussi OpenAI, Anthropic, xAI.
→ Les entreprises qui développent et mettent en œuvre l’IA.
3. Les “spenders” IA
Meta, Microsoft, Google.
→ Leur activité principale n’est pas l’IA, mais elles y injectent des milliards.
La question : quel segment fera exploser la bulle ?
Infrastructure IA : vraiment une bulle ?
Beaucoup pensent que la bulle se situe dans l’infrastructure. Un rapport récent d’un économiste de Harvard indique que 92 % de la croissance du PIB du premier semestre 2025 provient des investissements dans les semi-conducteurs et les data centers.
Nvidia représente désormais près de 8 % du S&P 500, un niveau de concentration historique.
Pourtant, malgré ces signaux, cela ne correspond pas à la définition d’une bulle :
-
les revenus explosent,
-
la demande est réelle,
-
les bénéfices suivent.
Les actions d’infrastructure IA ont un ratio cours/bénéfice (PER) moyen de 53 — élevé, mais loin des PER de 196 observés lors de la bulle internet de 2000.
Les vrais risques : les actions d’implémentation IA
C’est ici que les chiffres deviennent inquiétants :
-
Tesla : PER de 2 187,
-
Palantir : PER de 415,
-
OpenAI : valorisation de 500 milliards $, malgré des pertes.
Ces valorisations reposent sur des attentes irréalistes.
Si ces entreprises ne répondent pas à ces anticipations extrêmes, une correction sévère pourrait suivre.
Même si leur poids dans le S&P 500 reste faible, l’effet domino sur :
-
les dépenses d’infrastructure,
-
les semi-conducteurs,
-
les data centers…
…pourrait être massif.
Nvidia : des attentes presque impossibles à tenir
Les analystes prévoient une croissance des bénéfices de 33 % par an pendant 5 ans.
Pour justifier sa valorisation, Nvidia devrait quasiment quadrupler ses bénéfices d’ici 2030.
Un simple ralentissement de l’enthousiasme autour de l’implémentation IA pourrait briser cet élan.
Les bulles ne s’auto-déclenchent pas : elles sont éclatées par la Fed
Historiquement, les bulles sont percées par une hausse des taux d’intérêt :
-
Bitcoin (2017),
-
immobilier (2005),
-
tech (2000).
Aujourd’hui, la Fed baisse les taux.
Le marché pourrait donc devenir encore plus euphorique avant de retomber.
Mais probablement pas sur Nvidia ou Palantir, qui manquent désormais de carburant pour une nouvelle envolée.
De nouveaux leaders émergeront – à nous de les identifier.
