Après avoir présenté théories et indicateurs pour déterminer les risques de crash et les précurseurs de crash à surveiller, je m’adonne à l’analyse des raisons de l’absence de crash.
J’ai fini par comprendre ce que j’avais vu sans en mesurer les implications grace à cette vidéo avec cet économiste grec que je suis régulierement.
Yanis Varoufakis est un économiste grec qui a été ministre des finances pendant la crise grecque en 2015, il a activement lutté et négocié avec (contre) la « Troika » européene (Commission européene, BCE, FMI) pour tenter d’éviter le désastre humain qui a suivi – sans succès.
https://www.youtube.com/watch?v=zavMS0API2E
Voici le contenu de la vidéo – notez que mes evaluations sont différentes de la situation présentée :
Marchés financiers 2025 : la déconnexion inquiétante entre Wall Street et l’économie réelle
Alors que le S&P 500 enchaîne les records historiques, les fondamentaux économiques racontent une tout autre histoire. Analyse des risques systémiques que les banques préfèrent garder sous silence.
Un paradoxe qui défie la logique économique
Le constat est troublant pour tout observateur averti des marchés. D’un côté, les indices américains culminent à des niveaux jamais atteints. De l’autre, les voyants économiques virent au rouge : un déficit fédéral abyssal de 1 800 milliards de dollars, une inflation qui refuse de céder, des tensions commerciales persistantes. Comment expliquer ce grand écart ?
La réponse se trouve dans les mécanismes artificiels qui soutiennent désormais l’édifice boursier, créant une illusion de prospérité que les investisseurs avisés commencent à remettre en question.
Les béquilles artificielles du marché haussier
Le premier pilier de cette construction fragile réside dans les rachats d’actions. En 2025, les entreprises américaines s’apprêtent à racheter pour plus de 1 350 milliards de dollars de leurs propres titres. Cette pratique, rappelons-le, était considérée comme de la manipulation de marché et interdite avant 1982. Son effet est mécanique : en réduisant le nombre d’actions en circulation, elle gonfle artificiellement le bénéfice par action et, par ricochet, la rémunération des dirigeants indexée sur ces métriques. Aucune création de valeur réelle pour l’économie, simplement un tour de passe-passe comptable devenu la principale source de demande sur les marchés.
Le second facteur tient à la montée en puissance de l’investissement passif. Près de la moitié des actifs des fonds actions américains sont désormais logés dans des véhicules indiciels qui achètent mécaniquement, sans considération pour les valorisations. Ce phénomène engendre un cycle auto-renforçant où les flux entrants poussent les cours à la hausse, attirant de nouveaux flux. La psychologie collective fait le reste : les investisseurs, conditionnés par des années de « Fed put », restent convaincus que la banque centrale interviendra toujours pour amortir les chocs. Le réflexe d’acheter chaque repli (« buy the dip ») s’est transformé en dogme.
Les risques systémiques que les banques dissimulent
Sous la surface apparemment calme des bilans bancaires se cachent des vulnérabilités majeures que les règles comptables permettent commodément de masquer.
Les pertes latentes sur portefeuilles obligataires constituent la première bombe à retardement. Fin 2024, les établissements bancaires américains affichaient 482 milliards de dollars de pertes non réalisées sur leurs positions en titres. La hausse des taux d’intérêt a mécaniquement fait chuter la valeur de marché des obligations acquises à des rendements plus bas. Grâce à la classification « détenu jusqu’à l’échéance », ces pertes n’apparaissent pas dans les comptes de résultat. C’est précisément ce mécanisme qui a précipité la chute de Silicon Valley Bank — une leçon manifestement non retenue par le secteur.
L’immobilier commercial représente la deuxième source d’inquiétude. Le taux de vacance atteint des niveaux records, avec un bureau sur cinq désormais inoccupé. Les valorisations s’effondrent en conséquence. Le problème devient systémique quand on observe que 59 des plus grandes banques américaines présentent une exposition à ce secteur dépassant 300% de leurs fonds propres. Autrement dit, une dépréciation d’un tiers seulement de ces actifs suffirait à anéantir leur capital.
Enfin, le shadow banking — cette finance de l’ombre échappant à toute régulation prudentielle — pèse désormais 250 000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Les banques traditionnelles y sont exposées à hauteur de plus de 1 200 milliards de dollars de prêts. Les défauts de paiement s’y multiplient, et l’opacité du secteur rend le risque systémique impossible à quantifier précisément.
Le signal Buffett : quand l’Oracle d’Omaha prépare la tempête
Warren Buffett n’a jamais été du genre à crier au loup. C’est pourquoi son comportement récent mérite une attention particulière. Berkshire Hathaway accumule désormais une réserve de liquidités historique de 382 milliards de dollars, fruit de douze trimestres consécutifs de ventes nettes d’actions. Le célèbre investisseur, réputé pour sa patience et son appétit pour les opportunités de valeur, ne trouve manifestement plus rien à acheter aux prix actuels.
L’indicateur qui porte son nom — le ratio capitalisation boursière totale sur PIB — atteint 210%, un niveau que Buffett lui-même qualifiait de « signal d’alarme » bien avant d’atteindre de telles hauteurs. Le marché valorise aujourd’hui les entreprises américaines à plus de deux fois la richesse annuelle produite par le pays.
L’intelligence artificielle : moteur de la hausse ou prochaine bulle ?
La concentration des gains boursiers sur le thème de l’IA atteint des proportions préoccupantes. En 2025, ce seul secteur explique 80% de la performance des indices. Or, une étude du MIT vient jeter un pavé dans la mare : 95% des entreprises ayant investi dans l’intelligence artificielle n’en tirent pour l’heure aucun retour mesurable sur investissement.
Les parallèles avec la bulle Internet de 2000 deviennent difficiles à ignorer. À l’époque aussi, les valorisations stratosphériques se justifiaient par des promesses de révolution technologique. La correction qui suivit fut brutale. Si les gains de productivité attendus de l’IA tardent à se matérialiser, un scénario similaire devient plausible.
Les quatre déclencheurs à surveiller
Plusieurs événements pourraient faire basculer ce château de cartes. Le premier concerne les taux d’intérêt : un franchissement durable du seuil de 5% sur le rendement du Treasury à 10 ans rendrait les pertes bancaires insoutenables et précipiterait des arbitrages massifs vers les obligations.
Un événement de crédit dans le shadow banking pourrait déclencher une cascade de défauts, à l’image de ce que fut la faillite de Lehman Brothers en 2008. La troisième menace réside dans une déception sur les résultats de l’IA, qui provoquerait une réévaluation brutale des multiples actuellement accordés aux valeurs technologiques.
Enfin, l’instabilité politique et budgétaire américaine constitue un risque latent. Une crise de confiance liée au déficit ou aux conditions de refinancement de la dette fédérale pourrait ébranler l’ensemble de l’édifice financier mondial.
Quelle stratégie adopter ?
Prédire la date exacte d’un retournement relève de la gageure. En revanche, le constat s’impose : les risques actuels ne sont manifestement pas reflétés dans les prix des actifs. L’approche de Warren Buffett offre une feuille de route pour les investisseurs soucieux de préserver leur capital : faire preuve de prudence, constituer des réserves de liquidités et attendre patiemment que les valorisations retrouvent un ancrage dans la réalité économique.
Dans un marché où l’euphorie le dispute à l’aveuglement volontaire, la discipline et la patience restent les meilleures armes de l’investisseur averti.
Voici pour vous une belle mindMap :
Mon Analyse :
Concernant la montée en puissance de l’investissement passif. Je vous renvoie à mon article :
20251130-l-investissement-passif-empeche-le-fonctionnement-du-capitalisme
Marchés financiers 2025 : pour une lecture nuancée des risques — L’autre versant de l’analyse
Les narratifs catastrophistes sur les marchés financiers se multiplient. Si les risques sont réels, une analyse rigoureuse révèle aussi des facteurs de résilience ignorés et invite à replacer la situation américaine dans un contexte mondial – je fonctionne très souvent par analyse différentielle, ce qui permet d’intégrer un contexte relatif au lieu de faire des projections absolues (comme on le voit dans le débat francais).
Le discours alarmiste : une tradition de marché
À chaque cycle haussier prolongé, les prophètes de l’effondrement se multiplient. Cette tendance, aussi vieille que les marchés eux-mêmes, mérite d’être examinée avec recul. Les arguments avancés — rachats d’actions, investissement passif, pertes bancaires latentes, indicateur Buffett — contiennent une part de vérité. Mais l’analyse gagne à être complétée par de la data et une mise en perspective internationale.
Les fondamentaux des entreprises américaines : une réalité plus robuste qu’annoncé
Les données récentes sur les résultats des entreprises du S&P 500 racontent une histoire différente de celle d’un marché totalement déconnecté de la réalité économique. Au deuxième trimestre 2025, 81% des entreprises de l’indice ont dépassé les attentes de bénéfices, un chiffre supérieur à la moyenne des cinq dernières années (78%). La croissance des bénéfices par action atteint 10,3% pour l’ensemble de l’année 2025, avec des projections à 13,2% pour 2026.
Ces chiffres ne correspondent pas au profil d’une bulle spéculative pure. Les revenus suivent la tendance, avec 80% des entreprises dépassant les estimations. Certes, les valorisations sont élevées — le ratio cours/bénéfices prospectif du S&P 500 se situe autour de 22x, au-dessus de sa moyenne décennale de 18,5x. Mais cette prime s’explique en partie par la composition sectorielle de l’indice, désormais dominée par des entreprises technologiques à forte croissance et marges élevées.
Les pertes bancaires latentes : une amélioration notable
Le narratif sur les 482 milliards de dollars de pertes non réalisées dans le système bancaire américain mérite une mise à jour. Selon les données de la Réserve fédérale de Saint-Louis, ces pertes ont diminué à 397 milliards au deuxième trimestre 2025 — une baisse significative de 17%. Plus important encore, le ratio pertes/total des titres détenus est passé de son pic de 12,2% au troisième trimestre 2023 à 6,8% actuellement.
Le nombre de banques présentant des pertes supérieures à 50% de leurs fonds propres Tier 1 a chuté de 34 fin 2024 à 16 au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent d’une gestion proactive du risque par le secteur bancaire, qui a progressivement restructuré ses portefeuilles. La comparaison avec Silicon Valley Bank, qui concentrait plus de 90% de son portefeuille « détenu jusqu’à l’échéance » en titres à maturité longue, ne reflète pas la situation moyenne du secteur. Le risque de l’époque basé sur une évaluation effectivement « in-fine » (ou HTM : held-to-maturity) des obligations détenues a été ramené grace à une évaluation au prix du marché – environ 25% des banques ont déclaré une baisse de leurs encours HTM depuis l’incident SVM en 2023.
C’est tres problématique en phase de hausse des taux d’intérêt*, mais à l’inverse on voit JP Morgan augmenter ses positions HTM en ce moment, dans un contexte de FED cuts.
*La valeur d’une obligation baisse en phase de hausse des taux d’intérêt, en raison d’une relation inversée entre les prix des obligations et les taux du marché. Lorsque les taux augmentent, les nouvelles obligations émises offrent des coupons (taux d’intérêt) plus élevés, rendant les anciennes obligations moins attractives pour les investisseurs qui préfèrent vendre celles existantes pour en acheter de plus rentables. Cette baisse de prix ajuste la valeur actuelle des flux futurs (coupons et principal) des obligations anciennes au nouveau rendement exigé par le marché.
L’indicateur Buffett : les limites d’un ratio fétiche
L’indicateur Buffett — capitalisation boursière totale rapportée au PIB — est régulièrement invoqué comme preuve irréfutable de surévaluation. À 210-230% selon les calculs, il dépasse effectivement les niveaux de la bulle Internet. Mais cet indicateur présente des failles méthodologiques que ses promoteurs passent volontiers sous silence.
Premièrement, le numérateur (capitalisation boursière) intègre les revenus internationaux des multinationales américaines, tandis que le dénominateur (PIB) ne comptabilise que l’activité économique domestique. Or la mondialisation a profondément transformé cette équation depuis 2001, date à laquelle Buffett qualifiait cet indicateur de « meilleure mesure unique » de valorisation. Deuxièmement, l’économie américaine s’est dématérialisée : les actifs incorporels (logiciels, brevets, données) représentent désormais une part croissante de la valeur des entreprises, mal capturée par les métriques traditionnelles. Troisièmement, les taux d’intérêt structurellement bas des deux dernières décennies justifient mécaniquement des multiples de valorisation plus élevés.
L’indicateur Buffett a effectivement signalé la bulle Internet de 2000 et le marché baissier de 2022, mais n’a pas anticipé la crise de 2008 ni le krach de 1973-1974. Notez que la gestion récente de Buffet sous-performe(d’ailleurs j’ai revendu mes parts BRK.B). Son mode de gestion me semble assez déconnecté du fonctionnement actuel et mes convictions récentes m’éloignent de ce fonctionnement – à priori en cas de crash, il devrait néanmoins fournir un point de refuge.
La perspective internationale : l’Europe et l’Asie comme points de comparaison
L’obsession médiatique pour les valorisations américaines occulte une réalité : les marchés mondiaux offrent des profils risque/rendement très différents.
En Europe, le STOXX 600 affiche un ratio cours/bénéfices prospectif de 14,4x — soit une décote de 35% par rapport au S&P 500. Cette différence reflète certes une croissance bénéficiaire plus modeste (estimée à -1% pour 2025 contre +10% aux États-Unis), mais aussi une prime de risque excessive selon certains gérants. Les entreprises européennes ont massivement racheté leurs propres actions en 2025, avec 19,3 milliards d’euros en novembre, proche des records depuis 2017. Le DAX allemand progresse de plus de 20% sur l’année, porté par les secteurs bancaire, industriel et défense (grosse arnaque depuis l’annonce du traité de réarmement de VanDerLeyen – d’ailleurs les titres défense ont fortement rechuté depuis Octobre – 300% depuis l’annonce puis rechute à 125% pour RENK). J’ai ainsi vu le consensus des gérants actifs francais se diriger vers des perfs faibles pour un referentiel de risque qui me semble « antique » en se focalisant sur le risque lié aux PER, alors même que les titres qu’ils choisissent sont basés sur des marchés publics ou régnent subventions et corruption, basés donc sur de la politique budgétaire ou de la dette ! Ou carrément de la dette en zone euro Oo
En Asie, le tableau est encore plus contrasté. Le Japon (TOPIX) a surperformé le S&P 500 en rendement total sur les douze derniers mois en dollars, grâce aux réformes de gouvernance d’entreprise qui ont propulsé les rachats d’actions de 85% et attiré les flux étrangers. Le TOPIX se négocie à environ 14,5x les bénéfices, sa moyenne historique. La Corée du Sud affiche une hausse de 54% en 2025, devenant le marché le plus performant d’Asie. Quant à la Chine, après des années de sous-performance, ses actions (H-shares) ont rebondi de 35% en dollars, avec une croissance bénéficiaire attendue de 12-15% — supérieure aux États-Unis — et des valorisations nettement inférieures.
Cette diversité géographique suggère que les risques de valorisation sont essentiellement un phénomène américain, et que des alternatives existent pour les investisseurs soucieux de rééquilibrer leur exposition.
L’IA : bulle ou révolution industrielle ?
L’argument selon lequel 95% des entreprises investissant dans l’IA n’en tirent « aucun retour mesurable » mérite contextualisation. Les révolutions technologiques ont toujours traversé des phases d’investissement massif avant que les gains de productivité ne se matérialisent dans les comptes de résultat. L’électrification des usines américaines, amorcée dans les années 1880, n’a produit ses pleins effets sur la productivité qu’à partir des années 1920.
Les analystes de Goldman Sachs maintiennent une croissance des bénéfices de 7% pour le S&P 500 en 2025 et 2026, malgré les incertitudes tarifaires. L’écart de croissance bénéficiaire entre les « Magnificent Seven » et le reste de l’indice se resserre — de 30 points de pourcentage en 2024 à 6 points attendus en 2025 — signe d’un élargissement de la participation au cycle haussier au-delà des seules valeurs technologiques.
A titre particulier mes gains liés à l’IA sont si intenses que je ne comprends pas comment l’usage de l’IA ne pourrait pas apporter des gains substanciels à ceux qui savent s’en servir. J’ajoute que des avantages compétitifs détérminants sont possibles avec l’IA et ceux-ci ne sont pas encore intégrés dans les chiffres car il s’agit de domination de marché (ex le plus criant avec TSLA, SpaceX, Xai).
Les rachats d’actions : manipulation ou allocation rationnelle du capital ?
Présenter les rachats d’actions comme une simple « manipulation de marché » relève du raccourci intellectuel. Lorsqu’une entreprise génère des flux de trésorerie excédentaires et ne trouve pas d’opportunités d’investissement à rendement supérieur à son coût du capital, restituer ce capital aux actionnaires — via dividendes ou rachats — constitue une décision d’allocation rationnelle. Les rachats présentent l’avantage d’une plus grande flexibilité et d’un traitement fiscal potentiellement plus favorable pour les actionnaires. Ce choix a d’ailleurs été fait par Apple de manière intensive pendant le QE lié au contexte économique du Covid, puis maintenu les années suivantes.
Le débat légitime porte sur l’excès : des rachats financés par endettement pour soutenir artificiellement le cours constituent un risque. Mais la généralisation masque la diversité des situations. En Europe comme au Japon, les rachats d’actions sont désormais encouragés par les régulateurs et les investisseurs comme moyen d’améliorer l’allocation du capital et les rendements actionnariales.
Je note néanmoins la « facilité » que ca engendre : sachant que le %Yoy(year over year) des EPS (Earnings per shares) est un indicateur surveillé par les marchés financiers, quoi de plus facile que de racheter jusqu’a obtention du yoy EPS souhaité ? Sachant que les sociétés ayant cette pratique ont des montagnes de FCF (free cash flow), et ne veulent pas maintenir leur EPS au détriment de leurs Capex (Capital Expanditures) dans un contexte de course aux meilleures places dans la Tech de demain. De plus avantage aux possesseurs et donc à fortiori aux insiders.
Une évaluation réaliste des risques
L’honnêteté intellectuelle impose de reconnaître les facteurs de risque réels. Les valorisations américaines sont effectivement tendues par rapport à l’historique. L’immobilier commercial demeure sous pression, avec des taux de vacance de bureaux préoccupants. Le shadow banking représente une zone d’ombre réglementaire. Le déficit budgétaire américain pose des questions de soutenabilité à long terme.
Cependant, plusieurs éléments atténuants méritent considération. Les bilans des ménages et des entreprises non financières restent globalement solides. Le marché de l’emploi, bien que ralentissant, n’a pas basculé en récession. La Réserve fédérale dispose de marges de manœuvre pour assouplir sa politique si nécessaire (nous verrons vite : le 10 Dec). Les entreprises ont adapté leurs chaînes d’approvisionnement et renforcé leurs bilans depuis les chocs de 2020-2023. Le deficit américain a une solution un peu bizarree et innovante mais elle est la (RWA+stablecoins dans le cadre du GENIUS Act de Trump)
Conclusion : ni euphorie, ni panique
Les marchés financiers évoluent dans un environnement de valorisations élevées aux États-Unis, ce qui suggère des rendements futurs probablement inférieurs à la moyenne historique. Ce n’est pas pour autant le prélude certain à un effondrement imminent. Le timing des corrections reste notoirement impossible à prédire, comme le rappelle l’adage : « Les marchés peuvent rester irrationnels plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable. »
(Mickael Burry en a recemment fait les frais)
Une approche équilibrée consiste à diversifier géographiquement (Europe, Japon, marchés émergents offrent des valorisations plus attractives), à maintenir une allocation en actifs défensifs adaptée à son horizon et sa tolérance au risque, et à éviter les paris directionnels extrêmes dans un sens comme dans l’autre. La prudence de Warren Buffett — qui conserve effectivement d’importantes liquidités — ne signifie pas nécessairement qu’il anticipe un krach imminent, mais qu’il attend des opportunités d’achat à des prix qu’il juge raisonnables. Nuance fondamentale surtout qu’il est connu pour ses achats en période d’opportunités.
Le risque existe et l’investisseur averti cultive le doute méthodique.
Tableau comparatif : valorisations mondiales (décembre 2025)
| Indice / Région | P/E prospectif | Croissance BPA 2025 | Performance YTD |
|---|---|---|---|
| S&P 500 (États-Unis) | 22x | +10% | +13% |
| STOXX Europe 600 | 14,4x | -1% | +14% |
| DAX (Allemagne) | ~13x | +5% | +20% |
| TOPIX (Japon) | 14,5x | +8% | +20% |
| MSCI China (H-shares) | ~10x | +12-15% | +35% |
| KOSPI (Corée du Sud) | ~11x | +15% | +54% |
Sources : Goldman Sachs, J.P. Morgan, FactSet, Bloomberg — Données approximatives au T4 2025
Les grandes et mid caps selon le MSCI: en général je prends les ETF ishares(blackRock) comme ref.
France : EWQ.. cherchez en bas..
EWY : corée du Sud
GREK : grèce
AWP : Espagne
VNM: Vietnam
EZA : Afrique
EWI : Italie
MCHI : Chine
EWC : Canada
..
Maintenant la même chose avec un timeline affiché différent – on voit l’Allemagne (EWG) qui coule méchant – les conneries de l’UE écrasent l’une des meilleures économies du Monde :
Et pour finir ce que j’appelle les marchés « sponsorisés » à la sauce européenne : le trait vertical jaune montre la date du traité de réarmement de VonDerLeyen.
Les sociétés présentées sont toutes dans le défense européenne.
Un petiti X3 en 4 mois, ca se fait bien entre amis non ? REnk est l’équipementier allemand de la défense..
J’en ai terminé avec ce dossier qui fait un bon récap de la situation de mon point de vue.



